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A la découverte de l’humanité et de la générosité de la reine de la morna, un style musical qui est l’identité même du Cap-Vert et dont la chanteuse est la plus célèbre ambassadrice.
C’est une musique qui se chante et se danse au son d’une guitare d’un violon ou d’un cavaquinho, une petite guitare portuguaise. On peut l’entendre dans les salons et les bars de Praia ou de Mindelo, là où l’on chante les sentiments, la séparation et les retrouvailles. Un soir des années 60, un groupe de musiciens se retrouve au Grémio Recreativo, une salle huppée de Mindelo. Après avoir écouté des compositions d’Eugénio Tavares, de Fernando Quejas ou encore de B Leza, une chanteuse attend son tour pour gagner un peu d’argent grâce à sa voix. Avant de monter sur scène, elle retire ses chaussures car c’est ainsi qu’elle chante la morna, peu importe le lieu et le public, la Diva aux pieds nus va comme elle l’entend…
Hugues Aufray, 96 printemps au compteur, est actuellement en tournée, intitulée « En ballade ! », qui passe par le Silo de Marseille mardi 2 décembre. L’occasion de revenir avec ce chanteur qui a popularisé le répertoire anglo-saxon en France, sur 65 ans de carrière et certains de ses tubes comme « Santiano » ou encore sa rencontre avec Martin Luther King en 1966.
Figure de la scène alternative libanaise des deux dernières décennies, la chanteuse sort d’un long silence avec le splendide « I Remember I Forget », album dense et sombre qui recoud la mémoire d’un peuple pris au piège de l’histoire.
La chanteuse a dynamité la grande scène dès vendredi soir avec un concert d’une émotion contagieuse. Devant un public en phase totale avec ses valeurs et ses combats.
De mémoire de camarades, on n’avait jamais vu ça. Un vendredi soir bondé, presque saturé, une foule des grands jours que l’on voyait affluer depuis le Village du monde et les allées pour irriguer la grande mer sonore, sous un ciel dardé de rayons de soleil.
Quand Théodora fut contactée pour venir à la rencontre du public de la Fête, elle venait à peine de sortir sa mixtape Bad Boy Lovestory et ses morceaux addictifs, tubes de l’hiver, du printemps et de l’été. Il a fallu déménager la chanteuse sur une scène à sa mesure, la grande qui craquait déjà.
Une musique aux influences internationales
Qu’est-ce qui peut autant susciter la passion chez cette jeune chanteuse ? Femme, noire, tendance freak et afro futuriste, avec ses ongles de dragonne, solidement campée sur des valeurs de partage et de tolérance, elle ramasse avec superbe les audaces et les valeurs de sa génération. Dentelle transparente qui laisse à peu près tout deviner, sans complexe ni tabou, comme on affiche son drapeau. « Ça fait du bien tous ces drapeaux », lâche-t-elle justement.
Palestine évidemment, Kanaky bien sûr, arc-en-ciel c’est l’évidence, paix et tolérance. Et un autre qui flottait, tenu par un courageux : « Ici c’est l’Ain ». N’est-ce pas ça la Fête de l’Humanité, un monde ramassé sur quelques kilomètres carrés ?
Elle est arrivée entourée de quatre danseuses, deux danseurs, avec son frère Jeez Suave aux platines, le concepteur de sa musique hors norme, qui la présente : « star internationale ». C’est exagéré pour l’heure mais on sait que sa musique commence à faire parler de Londres à New York, de Lagos à Brazzaville.
On nous glisse qu’après la fête, elle ira en Afrique, justement, présenter sa musique pétrie d’influences glanées avec un appétit vorace. « Celle-là, normalement, c’est du par cœur », lance-t-elle après avoir chauffé le public. Et Théodora de balancer Ils me rient tous au nez, ce petit bijou de chanson pop repris par une foule en transe.
Entre engagement politique et communion avec le public
Étaient-ce des larmes ? L’émotion était au zénith avec sa voix tremblante mais assurée, maîtrisant remarquablement ses aigus : « Si des femmes connaissent des relations difficiles, je leur souhaite de pouvoir en sortir ». Ses pensées, elle les a adressées aux « femmes opprimées » , sans oublier « la Palestine », devant l’immense drapeau qui claquait sous les bourrasques.
Et Jeez Suave de prendre le micro : « Nous sommes tellement contents d’être là ». Il est encore question de valeurs, de partage, de paix et de menace fasciste. La foule interrompt le concert et chante, après les hymnes de Théodora, l’hymne d’une autre génération : « La jeunesse emmerde le Front national ».
Pendant trois minutes, le chant monte du fond, se rapproche par vagues jusqu’à pénétrer sur le plateau. Comme un palimpseste d’hymnes qui fédèrent les âges et unissent le public. N’est-ce pas encore cela la fête de l’Humanité ? Puis Kongolese sous BBL, Mon casque, Zou Bisou, et le génial Fashion Designa, avec un batteur qui faisait sa première apparition pour étoffer le son et affronter la grande scène.
Il s’intitule Donne-moi de mes nouvelles et contient l’intégrale des chansons enregistrées d’Allain Leprest, celles qu’il a chantées lui-même et beaucoup d’autres que Romain Didier, qui en composa très souvent les musiques, ou Francesca Solleville, Yves Jamait, Olivia Ruiz et plus de vingt artistes ont interprété.
376 textes (il en reste à retrouver !), qui permettent de mesurer l’importance d’Allain Leprest, l’héritage qu’il a laissé derrière lui, et de comprendre pourquoi tant de jeunes chanteuses et chanteurs puisent dans son œuvre. Car ce mot tant galvaudé, comme celui de poète, attribué libéralement au moindre scribouillard muni d’un dictionnaire de rimes, justifie pleinement l’admiration d’un Claude Nougaro ou d’un Jean-Louis Trintignant, comme les propos de Jean d’Ormesson, lequel, en matière de poésie et en admirateur inconditionnel d’Aragon, savait de quoi il parlait, qui voyait en Allain Leprest le « Rimbaud du XXe siècle ».
C’est un beau récit qu’offre Roger Martin à Liberté Actus. Auteur à succès de romans noirs, il revient sur l’œuvre dantesque d’Allain Leprest, véritable « Rimbaud à voix de clope ».
L’air de « L’Internationale », « Bella Ciao » ou encore « Le Chant des partisans » résonnent dans nos rassemblements et cortèges. Mais que chanteront les foules de travailleurs·ses dans un siècle ? L’ambition de La Lutte est belle !, l’album des 130 ans de la CGT, c’est de transmettre des chants de luttes historiques mais aussi d’inventer les airs de contestation et de résistance pour accompagner les combats présents et à venir.
Acteur, chanteur, comédien, lecteur vorace… Serge Reggiani aurait eu 103 ans ce 2 mai. Retour sur la trajectoire d’un homme qui avait « cassé la baraque » en pleine période « Yé-yé ».
Qu’il soit l’amant de Vérone, le petit charpentier de Casque d’Or ou le garde-chasse du Prince Salina, véritable voix du peuple dans le Guépard de Visconti, Serge Reggiani était de cette équipée franchement populaire au milieu du show-biz naissant des années 1950.