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Sanseverino : « Protégeons-nous et luttons »

Sanseverino : Oui c’est un peu ça l’idée, même si on peut pas faire fermer leur gueule aux gens car ils ont la bouche un peu trop lourde. En tout cas, on essaie de leur dire que c’était pas mieux avant, mais c’est juste qu’ils ont perdu leur jeunesse, moi y compris. Après, c’est vrai que le monde actuel est critiquable. Regardez les horreurs qu’il se passe en ce moment aux États-Unis par exemple. Mais cet album, c’est aussi pour dire aux jeunes gens : « Courage, on va s’en sortir. »

Dans votre album, vous dressez tout de même un tableau de la société peu reluisant à bien des égards. Quelles sont les lueurs d’espoir que vous décelez dans notre époque alors ?

Sanseverino : C’est juste en y croyant qu’on va s’en sortir. Il faut chercher absolument à être heureux. Moi, je ne peux rien contre l’ICE. Que puis-je faire depuis chez moi en chaussettes, si ce n’est commenter des posts, contre cette milice ultra-violente, cocaïnée et défendue par un énorme pouvoir ? On ne peut pas se dire chacun dans son coin « tout est pourri » et se contenter de ça. Il faut faire des rencontres, des amis, des amours, consommer de l’art, être curieux de tout... C’est possible d’être heureux, sans oublier d’être solidaire avec les gens qui souffrent.

Sur le titre éponyme de l’album, vous pointez « ceux qui disaient fuck off, rebelles de circonstance, se noient dans la Smirnoff et ont viré vieille France ». À qui pensez-vous en particulier ?

Sanseverino : Pas à des gens connus, mais plutôt des copains qui ont quitté le perfecto pour, soit finir par devenir RN, soit baisser les bras. En vieillissant, on fatigue tous. Des gens votaient pour le Parti communiste il y a bien des années et votent RN aujourd’hui. Un truc par facilité qui les empêche de réfléchir. Après, la lutte est difficile. Les idées de gauche sont moins faciles à défendre parce qu’elles sont larges et contre le profit. Alors que celles de droite, sont plus simples et consistent à dire : « laisse-moi, je veux être tranquille et bourré de pognon ».

Tentez-vous de ramener ces connaissances aux idées rances sur le chemin de la justice ?

Sanseverino : Si je le fais, j’essaie de rester ouvert. Quand on a des amis, c’est pour la vie, même s’il a fait des conneries comme celles-là. Tant que les gens restent dans la discussion, moi, je veux continuer à parler avec les gens qui ne sont pas du même avis que moi. Ça me rappelle un peu les repas de fête où on se retrouve attablé avec le tonton facho. Après, avec ceux-là, faut éviter de parler de certains sujets car on sait comment ça va se finir et il ne changera pas d’avis.

Sur le morceau « On n’est pas bien là ? », vous décrivez cette drôle d’époque où « on voit des flics courir derrière des pauvres geeks qui manifestent contre leur licenciement économique ». Qu’est-ce que vous inspire la situation sociale en France ?

Sanseverino : La même chose qu’il se passe aux États-Unis, les morts en moins. Qu’est-ce qui va nous sortir de là ? Entre la gauche et la droite, je ne vois personne qui m’inspire, hormis des gens pas présidentiables, qui ont l’air d’être assez intelligents mais qui n’ont pas de personnalité assez forte. Moi qui suis né en 1961, je suis allé voter un paquet de fois. Même si j’estime que c’est utile, je suis déçu à chaque fois. Il faudrait peut-être que plus personne ne vote ou mettre en place un vote blanc généralisé pour qu’on s’aperçoive qu’il y a quelque chose à remettre en cause. Mais il n’y aura que mes copains qui m’écouteront. Regardez Macron aux dernières élections, il avait contre lui le RN. J’ai dû voter Macron la mort dans l’âme. Je le regrette mais je ne pouvais pas ne pas voter. Les gens dans la rue ne sont pas écoutés. Regardez, quand les pauvres infirmiers descendent dans la rue, tout le monde compatit. Mais pourtant, ils ont des conditions de travail ignobles dans les hôpitaux et continuent quand même à nous soigner, même fatigués et les yeux en vrac. Il y a toujours quelqu’un qui vous soigne, gratuitement avec une carte vitale. Même si la situation n’est pas géniale, on reste quand même dans un pays splendide avec des trucs qui ont été gagnés par des luttes. Aux États-Unis, ils en sont à demander des crédits parce qu’ils se sont cassés la jambe.

Sur « Pas la guerre », vous évoquez les conflits sur le globe et de certains qui pensent : « La guerre est là-bas. Et c’est pas chez moi. Alors je ne dis rien, alors je ne fais rien. » Finalement, votre album dresse le constat d’une époque parfois effrayante, mais face à laquelle il ne faut pas se résigner...

Sanseverino : Totalement. À quoi servent les manifestations par exemple ? D’abord, à se réunir, à parler ensemble. Au moins, on sait qu’on n’est pas seuls à se révolter contre une boucherie, quelle qu’elle soit. Si tout le monde continuait, ne serait-ce qu’à exprimer son désaccord, les choses pourraient quand même changer, même si la route est longue et dure. Les Américains, par exemple, se réunissent par milliers dans les rues depuis des mois. Même si des représentants du pouvoir continuent d’assassiner impunément, les manifestants ont réussi à faire virer l’espèce de nazi dont j’ai oublié le nom. Il sera peut-être remplacé par quelqu’un d’encore pire. Mais il faut bouger. Ne fermons pas les yeux. Les événements, aujourd’hui, chacun les voit depuis son téléphone. On est assailli par la violence. Donc, protégeons-nous et luttons.

Source la Marseillaise

Lien permanent Catégories : Artiste : Sanseverino, Musique Pin it! 0 commentaire Imprimer

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