Quand on n'a que l’amour…Où l’on écoute une chanson d’amour qui vainc les préjugés. (26/02/2026)
Mai 1968, Harlem. Le célèbre théâtre Apollo du quartier afro-américain de New York fait salle comble ce soir-là. On s’apprête à y accueillir les chanteurs du titre Storybook Children, qui fait un carton depuis quelques semaines.
Au moment tant attendu, la chanteuse de soul et de gospel Judy Clay s’avance sur scène, prête à entonner son couplet. Mais lorsque son partenaire Billy Vera la rejoint, le public semble déconcerté.
La raison de cette réaction ? La couleur de peau du chanteur !
En effet, c’est la première fois que l’on voit un homme blanc et une femme noire interpréter une chanson d’amour aux États-Unis, un pays marqué par la ségrégation. Et si le titre circulait déjà à la radio, les auditeurs n’avaient jamais vu la photo des chanteurs…
À l’époque, les tensions raciales sont d’ailleurs très vives. Certes, la loi légalisant les mariages mixtes vient d’être adoptée, mais l’assassinat du militant pour les droits des personnes noires, Martin Luther King, secoue le pays et des émeutes font encore rage.
Dans ce contexte, Billy Vera et Judy Clay apportent donc un message d’espoir et de paix. Leur chanson, qui rêve en l'occurence d’un amour rendu impossible par la société, prend clairement position pour l’égalité des droits.
Et les spectateurs du théâtre Apollo ne s’y trompent pas : après un instant de flottement, ils acclament les deux chanteurs. Ceux-ci auront d’ailleurs bien du mal à quitter la scène, tant il y a de rappels !
Si la chanson est boycottée par les médias dans le sud du pays, elle devient tout de même la première chantée par un duo interracial à figurer au classement Billboard. Un véritable triomphe ! Et le théâtre Apollo n’oubliera jamais cette soirée : vingt ans plus tard, alors que Billy Vera est devenu producteur et qu’il accompagne l’un de ses artistes sur place, on l’accueille au cri de "bienvenue chez toi"...
Source Artips Musique
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